La dépression : certains mythes persistent.

La dépression est l’un des troubles les plus répandus:  aux États-Unis, elle touche plus de 16 millions d’adultes et en France, plus de 3 millions. Ces personnes font souvent face à des préjugés en raison de la stigmatisation liée aux troubles de la santé mentale. Et pour combattre ces préjugés et cette stigmatisation, il est important de casser un certain nombre de mythes concernant cette maladie.

La dépression, c’est dans la tête et disparait avec le temps

La dépression n’est pas qu’une maladie de l’esprit, c’est un trouble psychologique, social et biologique. Les symptômes qui peuvent accompagner cette maladie sont la fatigue, l’insomnie, des douleurs musculaires, des maux de tête,...  Réaliser que la dépression est une maladie qui occasionne des problèmes physiques, c’est prendre conscience que la dépression est une véritable maladie qui nécessite une prise en charge par un professionnel de la santé. 

Bien que les symptômes puissent être soulagés et que la maladie puisse être traitée, on ne «guérit» pas de la dépression. Une personne qui a souffert de dépression est toujours vulnérable. Le temps ne guérit pas tout. 

La dépression est une forme de tristesse

Tout le monde éprouve parfois de la tristesse. Par exemple, vous pouvez vous être bouleversé à la suite du décès d'un être cher ou de la fin d'une relation. La tristesse est un sentiment passager, elle ne dure pas. La dépression, en revanche peut durer de quelques semaines à une année entière, voire plus, et ne disparaît généralement pas d'elle-même.

Elle peut être provoquée par la tristesse, mais généralement, les personnes déprimées ont bien d'autres émotions négatives : anxiété, tension, impression de vide, souffrance... et être sujettes à  des périodes inexpliquées de désespoir et de léthargie. 

La dépression ne touche pas les enfants

Et pourquoi pas ? Les enfants aussi peuvent rencontrer des difficultés à l’école ou à la maison : harcèlement scolaire, abus physiques ou sexuels, problèmes d’adaptation, de compréhension, négligence affective, familles désunies ou brisées,...Les enfants ont beaucoup de mal à contrôler leurs émotions.  Pour preuve, le nombre de suicides chez les adolescents chaque année et ce n’est pas simplement parce qu’ils sont tristes. Oui, la dépression touche aussi les plus jeunes.

Les personnes qui souffrent de dépression sont faibles

Les personnes qui souffrent de dépression se sont souvent entendu dire « mais ressaisis-toi ! » ou «arrête de pleurer ! » comme si elles le faisaient exprès. On ne décide pas de devenir dépressif. Personne ne se met de façon intentionnelle dans un état de tristesse permanente. C’est un trouble mental entraînant un déséquilibre chimique dans le cerveau qui n’a rien à voir avec la force. La dépression ne fait pas de discrimination et peut toucher n’importe qui, n’importe quand. Elle est considérée comme une faiblesse uniquement parce que la société l'a stigmatisée comme maladie mentale. Ce qui est terriblement destructeur pour les personnes atteintes car ce mythe les pousse à s’isoler encore plus et à souffrir en silence. 

Seules les femmes sont dépressives.

C'est tout simplement faux. Si ce mythe perdure, c’est parce que les hommes n'en parlent pas aussi souvent que les femmes. En raison des conceptions sexiste de la société, de nombreux hommes ont tendance à nier leurs malaises, à surveiller et traiter eux-mêmes leurs symptômes ne sont pas à l’aise pour discuter de leurs sentiments, craignant de ne plus paraître aussi virils. Et bien souvent, les symptômes sont découverts trop tard :  aux États-Unis, quatre fois plus d’hommes que de femmes se suicident parce qu’ils souffrent de dépression.     

En parler ne fait qu'empirer les choses 

C’est le mythe le plus absurde qui soit. Une personne dépressive a besoin de parler. Etre seul avec ses pensées est beaucoup plus nocif que de parler de ses sentiments. Les proches peuvent être disposés à prêter une oreille attentive mais il est difficile d’en parler à son entourage. Parce que la dépression reste un sujet que l’on ne prend pas au sérieux, une maladie des personnes faibles, un sujet tabou.  

Ne pas en parler avec un professionnel de la santé fait empirer les choses : retarder la prise en charge de la maladie ainsi que sa guérison.