Les drogues psychédéliques et leur potentiel thérapeutique | Objectif Santé

Les drogues psychédéliques et leur potentiel thérapeutique

Quit dit drogues psychédéliques pense au monde de la nuit ou aux hippies faisant de mauvais «trips» sur du LSD. Mais avant de devenir des drogues récréatives, ces substances ont été étudiées sérieusement par des scientifiques pour leur potentiel thérapeutique. Suite à l’interdiction de l’utilisation de ces drogues, la recherche scientifique s’est brutalement arrêtée. Pourtant, aujourd’hui, les chercheurs s'y intéressent à nouveau. Ces drogues réputées dangereuses pourraient un jour être utilisés pour traiter des troubles de santé mentale et même l’addiction.

Les drogues psychédéliques et leur potentiel thérapeutique

Un intérêt qui n’est pas nouveau

On assiste simplement à la renaissance d'un domaine qui a prospéré il y a plusieurs décennies. Ces substances hallucinogènes sont utilisées depuis des millénaires, par les chamanes et guérisseurs . En 1938, Albert Hofmann, un chimiste suisse, découvre accidentellement les puissantes propriétés psychoactives du diéthylamide de l'acide lysergique, ou LSD. Ce n'est qu'à partir de la révélation de Hofmann que la recherche scientifique s’intéresse véritablement à leur potentiel thérapeutique. Tout au long des années 50 et 60, de vastes études scientifiques ont été réalisées et 1000 articles furent publiés. 

À partir de 1960, l’usage récréatif de ces drogues, notamment le LSD, s'est rapidement répandu parmi la jeunesse américaine; contribuant à alimenter certains des bouleversements politiques et culturels des années 60 et, selon certains témoignages, menaçant l'ordre social. Les gouvernements occidentaux finissent par interdire l’usage des hallucinogènes les plus communs : le LSD, la psilocybine ou la mescaline. Au début des années 1970, la recherche dans ce domaine s’est totalement arrêtée. 

Le LSD étant interdit, les recherches se sont portées sur la méthylène-dioxy-methamphétamine ou MDMA  communément appelée ecstasy. Là encore, même schéma : usage thérapeutique, puis utilisation récréative de masse et finalement interdiction en 1985. Ce qui mit fin aux recherches. 

Mais au début des années 2000, la recherche sur les psychédéliques refait lentement surface. 

Pourquoi ce regain d’intérêt ? 

Les drogues psychédéliques sont des substances qui modifient la cognition, la perception et la conscience de soi. Elles produisent une sorte d'hallucination ou un changement dans la façon de percevoir la réalité; mais sans affecter la coordination et la mémoire. 

Ces substances ont de fortes capacités anxiolytiques et antidépressives. Les études des années 50 à 80 avaient déjà démontré l’efficacité de leur utilisation thérapeutique. Elles étaient utilisées dans le cadre de "l’accompagnement" des psychothérapies, du traitement des addictions (alcool, puis opiacés) et de la prise en charge de troubles et pathologies obsessionnelles et psychosomatiques. Depuis, les protocoles méthodologiques se sont améliorés. Les standards scientifiques et éthiques sont respectés de façon plus rigoureuses que ceux des années précédentes.  Les scientifiques ont ainsi obtenu (durement) la permission de poursuivre leurs recherches. Notamment sur les effets thérapeutiques de ces substances psychédéliques, dans le cadre d’études cliniques et neurobiologiques. Et les résultats sont très encourageants.

Pour la gestion des traumatismes : le MDMA

La particularité de la MDMA ou ecstasy est sa capacité à faire ressurgir des souvenirs traumatisants. Ainsi, une étude a été réalisée en 2010 sur 20 patients souffrants de stress post-traumatique. Certains ont reçu de la MDMA, d’autres un placebo et tous ont suivi des séances de psychothérapies. Le groupe ayant pris de l’ecstasy a vu leurs troubles diminuer significativement et durablement, sans effets secondaires particuliers. 

Selon les chercheurs, la MDA réduit l'activité cérébrale liée aux mauvais souvenirs. Ainsi l'anxiété associée au rappel des expériences traumatiques diminue elle aussi; ce qui permet d'accroître la perspicacité et la mémoire. Les souvenirs négatifs sont perçus comme moins négatifs. Ce qui permet au thérapeute et au patient de s'engager dans des sessions thérapeutiques productives. 

Contre l'alcoolisme et la dépression : la kétamine 

La kétamine est un anesthésique utilisée médicalement depuis 1970, pour l’homme mais aussi pour les animaux. Elle a gagné en popularité comme drogue récréative en raison du sentiment d'euphorie et de déconnexion qu'elle crée chez l'utilisateur. Cet usage détourné a fait d’elle un stupéfiant désormais interdit. Pour autant, des études récentes ont démontré son efficacité pour aider à traiter l'alcoolisme et les problèmes de santé mentale. Des études ont démontré que l'ajout de la kétamine au traitement contre l’alcoolisme permettait

  • un allongement de la duré d’abstinence (66% contre 24% pour les patients suivant un traitement standard)
  • une réduction  des symptômes de la dépression (24 heures après administration de la substance),

Des résultats très encourageants surtout lorsque le temps presse ou pour les patients qui n'ont pas répondu à d'autres antidépresseurs

Contre les TOC : des champignons hallucinogènes 

Le principal ingrédient psychoactif des champignons hallucinogènes est la psilocybine,  qui réagit comme la sérotonine, un neurotransmetteur. En 2006, une étude publié dans Journal of Clinical Psychiatry, présentait les résultats du premier essai clinique sur l'efficacité de la psilocybine chez neuf patients souffrants de trouble obsessionnel compulsif (TOC). Les chercheurs ont noté des réductions significatives des symptômes du TOC chez tous les sujets bien au-delà de 24 heures. 

Contre les addictions : L'ibogaïne

L'ibogaïne n'est qu'un des nombreux alcaloïdes que l'on trouve dans un arbuste d’Afrique équatoriale, l’Iboga. Elle est utilisée depuis longtemps dans les cérémonies initiatiques pour son effet spirituel profond. Et c'est l'une des plantes psychédéliques les plus puissantes au monde. Malgré son interdiction par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis la fin des années 60, des études ont été réalisées et ont confirmé que l'ibogaïne a des propriétés anti addictives. Elle serait efficace pour traiter de la dépendance à la cocaïne et aux opiacés. Déjà la nouvelle-Zélande a légalisé son utilisation et certains centres utilisent l’ibogaïne pour traiter la toxicomanie, complété par une psychothérapie. Malgré tout beaucoup émettent des réserves du fait de ses effets psychédéliques et privilégient d’autres alternatives non psychédéliques.

Inconvénients et perspectives des drogues psychédéliques

Si les résultats de ces études sont très encourageants, il faut bien admettre que notre compréhension du mécanisme d’action de ces drogues sur le cerveau est encore trop réduite. Et du fait des interdictions légales, il parait difficile d’explorer des éventuelles options de traitement. Car comme pour tout médicament et pour une meilleure prévention, il est indispensable d’étudier les effets secondaires pour mettre en place des formes plus sures de traitement. 

Certes, les résultats de ces études sont très encourageants. Mais notre compréhension du mécanisme d’action de ces drogues sur le cerveau est encore trop réduite. Et du fait des interdictions légales, il parait difficile d’explorer des éventuelles options de traitement. Il est indispensable d’étudier les effets secondaires d'un médicament avant de mettre en place des formes plus sures de traitement. 

L’avenir des drogues psychédéliques en tant qu’outils thérapeutiques est très prometteur. Pour autant, il est nécessaire d'approfondir la recherche pour bien comprendre les implications de l'utilisation des drogues psychédéliques dans le cadre d'une thérapie tout en tenant compte des questions éthiques et juridiques. 

Source : Medscape

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